Dernièrement, j’ai été en contact avec un homme de 34 ans qui s’est décrit au premier abord comme étant timide.
Nous avons commencé, comme d’habitude vous allez me dire, par quelques échanges de mails et de « t »chats et plus ça allait, plus il se dévalorisait… Il me disait qu’il savait très bien qu’il n’était pas sécurisant pour une femme, que sa timidité l’empêchait de les aborder, il m’a même demandé de lui donner des conseils pour aborder les femmes et une collègue italienne en particulier autour de laquelle tous les hommes tournent. Parce que tu comprends, pour nous les hommes, le fait d’être italienne, ça a quelque chose d’érotique d’inexplicable. Tu m’en diras tant ! Qu’il voudrait bien composer des chansons mais qu’il n’y arrive pas car il n’a pas d’inspiration pour parler de lui. Bah… parle des autres alors ! Il m’a alors répondu qu’il ne pouvait pas parler des autres parce qu’il ne les observe pas. Il m’a même expliqué que lors de sa dernière relation, il était avec une fille qui ne lui plaisait pas physiquement mais qu’il était resté avec elle parce que c’était la seule personne qui s’était sincèrement intéressée à lui. Pour le physique, il s’était dit qu’il « s’y ferait » mais qu’en fait non, et que c’est ça pour qu’il était parti.
Ah oui ! J’allais oublier le meilleur : il m’a même dit que les femmes en générale lui faisaient peur mais que moi non. Encore heureux que j’u ai dit !
Huuummmm… tu sais parler aux femmes toi !
Je l’ai quand même appelé et là, il n’avait rien à me dire et moi non plus d’ailleurs ! J’en étais au point de ne plus avoir envie de le rencontrer du tout mais je suis revenue sur ma décision en me disant que j’allais lui laisser sa chance et voir si quelques chose se dégageait de lui lors de notre rencontre dans la « vraie vie ». On ne sait jamais… Et puis, j’aime bien aller au bout des choses. Au moins, en le voyant, ça confirmerait ou infirmerait mon impression.
Nous nous retrouvons donc dans un restaurant pour déjeuner ensemble. Le repas se passe… ni bien, ni mal et je n’en éprouve aucun plaisir particulier. Lui, par contre, a l’air de se détendre un peu et nous avons une conversation polie.
Le repas terminé, nous allons nous promener ensemble. Il veut m’emmener voir Paris du haut d’un grand hôtel. Je suis d’accord, d’autant que je ne savais pas que c’était possible et j’aime bien contempler Paris d’en haut. C’est une bonne idée. Nous arrivons donc au 33ème étage de cet hôtel et là… Nous trouvons portes closes, ils n’ouvrent que le soir… Il s’excuse en me disant qu’il n’avait pas vérifié les horaires. Bon, qu’à cela ne tienne, il a une autre proposition et nous nous retrouvons devant un bar qu’il souhaite découvrir. Je pousse la porte et là, la personne à l’accueil nous dit d’un ton très engageant : « On est fermé, on ouvre à 16h ». C’est le genre de phrase qu’une cliente potentielle aime entendre et le ton sur lequel ce fut dit donne forcément envie de revenir pour voir si on sera plus aimable la prochaine fois… Décidément le destin s’acharne : pour la deuxième fois, des portes closes. Là aussi, il s’excuse en me disant qu’il n’avait pas vérifié les horaires…
Je décide de prendre les choses en main, au bout d’un moment, il faut bien agir et lui propose d’aller dans un salon de thé que je connais et qui se trouve à proximité. Ouuuuffff, c’est ouvert ! Arrivés là, notre conversation polie reprend. Puis, sur le chemin du retour, ayant discuté de nos goûts musicaux, nous nous dirigeons vers un magasin de disques. Nous nous quittons finalement, je pourrais même dire enfin !
Je n’ai pas passé un mauvais après-midi mais pas un bon non-plus. J’ai essayé de faire la conversation, de le mettre à l’aise pour qu’il se détente un peu et essayer de voir si quelque chose se dégageait enfin de lui, mais rien. Je n’ai rien senti émanant de lui, ce qui est très rare pour moi, mes petites antennes arrivent toujours à capter quelque chose de l’Autre.
D’une part, il était tellement mal à l’aise et tellement renfrogné sur lui-même que rien ne peut émaner de lui. D’autre part, le fait qu’il soit mal à l’aise m'a mis mal à l’aise aussi et c’est un cercle vicieux…
Je décide, au bout de quelques jours, de lui téléphoner et lui expliquer que je ne pouvais pas envisager une relation amoureuse avec lui pour toutes les raisons expliquées ci-dessus. Voilà.
Il m’a envoyé encore quelques mails beaucoup plus courts que les précédents : une phrase maximum qui ne m’expliquent en rien ce qu’il ressent, ni même qu’il aurait eu envie de me revoir mais qu’il pense que s’il était amoureux ça l’aiderait à se sentir mieux. Ah oui ! bah, ce sera pas de moi ! Il me dit aussi qu’il était à l’aise avec moi. Tu parles ! J’ai tout fait pour qu’il se sente bien mais moi je me suis fait ch… !
Il aurait du me dire qu’il était carrément mal dans sa peau, pas timide !
Je peux tout à fait comprendre qu’on ait des soucis et des problèmes ou qu'on soit malheureux et je peux partager les états d’âme de mes semblables avec empathie mais je ne suis pas une organisation non-gouvernementale à moi toute seule et je ne peux pas non plus servir de bouée de sauvetage à son mal être. J’ai déjà fait l’assistante sociale, ça aide peut-être l’Autre mais moi ça ne m’apporte rien, je m'y perdrais même, alors j’ai décidé de ne plus recommencer.
Moralité : même si on dit qu’il ne faut pas se fier qu’à sa première impression, si on le sent mal dès le début, c’est pas la peine de persévérer.
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