Mesdemoiselles, je suis sûre que vous avez déjà entendu ça… : « comment se fait-il qu’une jolie fille comme toi soit encore célibataire ? ». Je l’ai encore vu écrit hier, enfin cette nuit… avec, en plus, un « qu’est-ce que ça cache ? ». J’adOOOOOre qu’on me pose cette question !!!!! :-((((( Même si je n’en tiens pas rigueur au jeune homme qui me l'a posée, qui je pense, était plus méfiant qu’autre chose car ne me connaissant pas et en plus étant, semble-t-il, légèrement échaudé par des damoiselles qui semblent être de sacrées numéros, je dois bien le reconnaître.
Je vais donc me servir de cette petite anecdote pour tenter de répondre à cette question. En tous cas, exprimer ce qui, je pense, est une partie de la réponse.
Tout d’abord, je suis loin d’être une exception, nous sommes des millions dans mon cas. Et nous sommes de plus en plus nombreuses. Doit y avoir un truc si le phénomène prend de l’ampleur. J’y reviendrai plus bas.
Cette question sous-entend souvent : tu dois avoir de nombreux prétendants, jolie comme tu es, c’est que tu es difficile et exigeante si tu n’as pas de compagnon. C’est donc que tu n’as pas accepté d’avoir une relation. Tu n’as qu’à t’en prendre qu’à toi-même. Certes, mais ce n’est pas parce qu’un prétendant s’intéresse à moi, qu’il m’intéresse aussi ! J’ai mon avis à donner quand même ! Il faut que ce soit réciproque !
Je suis en effet jolie ou belle selon le terme que vous préférez et attirante. Je précise que ce n’est pas moi qui le dis mais les prétendants en question. En tout cas, c’est ce qu’eux pensent de moi. Je pense que je ne suis pas difficile à vivre, tolérante, déterminée et résolue, ouverte d’esprit, aimant la vie, aimant les contacts avec les autres et les rencontres, profiter des belles et bonnes choses. Je fais la cuisine (j’aime les bons repas), je fais le ménage et la lessive (j’aime pas vivre dans une porcherie). J’avoue, je n’aime pas le repassage, encore moins celui des chemises !
Tendre, douce et sensuelle dans l’intimité.
Comme tout le monde, j’ai eu des relations plus ou moins longues. Il y en a où je suis partie et d’autres où il est parti. Pourquoi ? Simplement parce que, au début on croit que ça va être bien, que ça va durer mais si on se rend compte que ça ne va pas au bout d’un temps plus ou moins long, alors, il vaut mieux se séparer. C’est mieux pour l’un et l’autre que chacun reprenne sa route et reparte (ou non) en quête de la personne qui lui correspond.
J’avoue, j’ai quelques critères pour considérer un prétendant mais je ne me trouve pas si difficile que ça :
- Je ne suis pas très attachée au physique du moment que le monsieur a une apparence générale agréable et un visage attrayant et expressif. Je ne suis pas hypocrite non plus et ne vais pas vous dire que j’aurais une relation avec quelqu’un qui ne me plairait pas physiquement.
- Non-fumeur. Embrasser quelqu’un qui vient de fumer une clope : beuuurkkkk !!!! Sans compter que ça ne sent vraiment pas bon… Je préfère que d'autres parfums d’homme se fondent sur ma peau comme XS, Del Mar, Kenzo Air, CK One… sans être exhaustive.
- Grand, l’étant moi-même, là aussi, je ne vais pas être hypocrite et dire que je me sentirais enveloppée par un gars plus gringalet que moi !
- Ouvert sur le monde et intellectuellement avec la volonté d’avancer dans la vie.
Voilà. C'est tout.
J’en suis encore toute abasourdie mais il paraîtrait que, nous les femmes d’aujourd’hui, fassions peur aux hommes ! Oui, vous avez bien lu : PEUR.
Peut-être suis-je trop ? Trop résolue, trop volontaire, pas assez réservée pour une fille, un tantinet insistante avec les inconnus des « t »chats [mais c’est parce que leur personnalité et nos quelques échanges m’ont plu et qu’un « t »chat c’est bien mais ça n’est pas très charnel, j’aime voir les gens en vrai pour sentir si quelque chose vibre d’un côté et de l’autre], trop entreprenante donc, trop séduisante ? En un mot : intimidante. Mais dans ce cas là, ce seraient les hommes qui ne se sentiraient pas à la hauteur ou qui douteraient de pouvoir me plaire et n’oseraient pas m’aborder se disant que je suis inaccessible ? Là encore, je ne l’invente pas, c’est un résumé de quelques conversations avec certains messieurs.
J’ai aussi une explication plus sociologique que je m’en vais vous livrer. Je ne suis pas la seule à l’écrire, il y a même des sociologues qui s’intéressent à la question grandissante du célibat des femmes. En effet, le phénomène prend de l’ampleur. La condition féminine a plus changé en 50 ans que celle des hommes durant la même période (dans les pays occidentaux en tous cas).
Il y a 50 ans, dans le meilleur des cas, une jeune fille tombait amoureuse d’un jeune homme qui était amoureux d’elle également. Bref, ils s'aimaient. Cela suffisait pour qu’ils se marient sans se poser plus de questions car à cette époque, c’était comme ça, on ne se fréquentait pas bien longtemps avant de se marier. Et puis, il fallait éviter le scandale d’avoir une fille-mère à la maison, alors, marions-les vite ! On avait peut-être moins peur de « l’Engagement » d’un côté comme de l’autre ?
Dans le pire des cas, le mariage était plus ou moins arrangé entre les parents avec le fils du voisin, le fils du médecin ou le fils du grand propriétaire terrien du coin qui assurerait l’avenir matériel de leur fille quand eux ne pourraient plus le faire. Les parents donnaient même une dote et un trousseau parce que ça coûte de l’argent d’entretenir une nouvelle venue, fallait qu’elle apporte sa « contribution » au ménage.
Il y a 50 ans, les femmes ne faisaient généralement pas d’études, ne travaillaient pas (sauf autorisation de leur mari), n’ouvraient pas de compte bancaire à leur nom (sauf autorisation de leur mari). Bref, étaient soumises à l’autorité d’un homme, père, frère ou mari. Les hommes avaient également ce schéma bien ancré dans leur tête parce que la société étaient comme ça, un point c’est tout.
Puis les choses ont changées. Les femmes ont été plus libres (de faire des études par exemple) et ont conquit des droits : voter, travailler sans l’autorisation de leur mari, ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari, prendre la pilule, avorter, donc maîtriser leur corps, leur grossesse et de fait, de plus en plus détenir le pouvoir de maîtriser les naissances au sein de la société.
Désormais, on peut aussi divorcer. D’ailleurs, aujourd’hui peu se marieraient s’ils n’étaient pas rassurés sur le fait qu’ils peuvent divorcer. Les mariages deviennent des Contrats à Durée Déterminée. A quand le Contrat Nouvelle Union ou Première Union avec période d’essai de deux ans où l’on peut divorcer sans motifs et en ne payant qu’une faible prestation compensatrice ?
Aujourd’hui les femmes sont au moins éduquées, quand elles ne font pas des études qui leur donnent les moyens de réfléchir à ce qu’elles veulent vraiment dans la vie (plus les femmes sont diplômées, plus elles sont célibataires…), travaillent (comme les hommes, elles peuvent faire passer leur carrière avant une relation amoureuse ou une vie de famille), sont indépendantes et n’ont plus besoin d’un homme matériellement parlant. Certaines cherchent encore cette solution de facilité mais c’est un autre histoire. Les femmes peuvent donc se permettre d’être exigeantes sur le choix de leur compagnon et ne pas avoir à supporter toute leur vie le premier venu.
Rendez-vous compte ! De nos jours, elles osent même réclamer l’orgasme à corps et à cris !!! De quoi vous déstabiliser un mâle ! Là aussi, c’est une autre histoire tant il y aurait à dire sur cette quête féminine du saint Graal menée avec un certain ton revendicatif et agressif auprès des hommes qui, certes y peuvent beaucoup, mais pas forcément tout. Faut aussi y mettre du vôtre mesdemoiselles ! Les hommes, mêmes s’ils veulent nous faire croire le contraire, n’ont pas tous les pouvoirs et encore moins des pouvoirs magiques ! Quoique des fois le bouton magique... Mais je m’égare là !
Il est vrai qu’on leur partage certains pouvoirs et qu’en plus, certaines n’ont pas peur de l’utiliser, voire même de renverser les « rôles » définis à chaque sexe (père au foyer par exemple).
Bref, les hommes ne savent plus comment s’y prendre. Ils doutent. Ils n’ont pas suivi le mouvement assez vite, ils ont du mal à s’adapter à cette nouvelle féminité. Y aurait-il un décalage que beaucoup d’entre eux auraient du mal à rattraper ?
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